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Los Santos — 02 h 47 — Dossier n° 0417-PD

Prynce «Lavar» Davis

Une histoire de Los Santos — avec Daymara Valnes.

Los Santos ne dort jamais. Elle attend juste que tu baisses la garde.

Chicago, IL — South Side — Flashback

Le nom du père

Son père a pris perpète pour des meurtres liés à son gang. À Chicago, le nom Davis ouvre des portes. Surtout celles des cellules.

Le parloir ouvre le jeudi. Prynce n'y est jamais allé. Pas une seule fois.

Los Santos — Davis, Prynce — 13 ans

Trois étagères

Nouvelle ville, même frigo vide. Une ampoule qui éclaire trois étagères, et rien dessus.

Sa mère enchaîne les doubles services. Elle rentre, elle s'assoit, elle ne dit rien. Lui non plus.

14 ans

À quatorze ans, il commence à dealer pour le gang du quartier. Pas pour les sneakers. Pour remplir le frigo.

Le surnom

l'avare (n.) — celui qui en veut toujours plus. Quitte à ranger ses émotions là où personne ne viendra les chercher.

La rue ne te donne pas un surnom. Elle te donne un diagnostic.

Centre de détention pour mineurs — Comté de Los Santos — Davis P., 16 ans

Daymara

Elle s'appelle Daymara Valnes. Elle parle de moteurs comme d'autres parlent de Dieu.

  • « T'as le regard de quelqu'un qui compte les sorties. »
  • « Et toi, celui de quelqu'un qui compte les chevaux. »
  • « Trois cent soixante, sous un capot d'Elegy. Tu sais même pas ce que c'est. »
  • « J'apprendrai. »

Les piques deviennent des habitudes. Les habitudes deviennent autre chose.

Message transmis par un détenu — Cour B

«Elle ou nous.»

Le gang ne pardonne pas les faiblesses. Et une fille, pour eux, c'est une faiblesse avec un prénom.

Cour B — 15 h 40 — Devant tout le monde

Trois soirs

Le bracelet en fil, elle l'avait tressé pendant trois soirs. Rouge et ambre.

Il le laisse tomber à ses pieds. Il ne le regarde pas tomber.

« T'étais un passe-temps, rien de plus. »

«Officiellement.»

Officiellement, il ne la connaît pas.

Officieusement, ils ont tout un emploi du temps. Des rendez-vous volés entre deux surveillants, aux trois seuls endroits où personne ne regarde.

  1. Buanderie — 06 h 10

    Entre deux machines, quatre minutes de vérité.

  2. Bibliothèque — 14 h 00

    Même livre, pages différentes. Des mots glissés dans la marge.

  3. Promenade — 17 h 30

    Dos à dos le long du grillage. Ils ne se regardent jamais. Ils se parlent tout le temps.

Les petites attentions

  • Le pudding au chocolat de la cantine : elle le lui piquait dans son plateau. Très vite, il a arrêté de le manger. Il le gardait pour elle.
  • Un manuel de mécanique qu'il empruntait à la bibliothèque, juste pour le rendre la veille du jour où elle passait. Avec un mot dans la marge, page 112.
  • Le bracelet qu'il avait laissé tomber dans la cour ? Il est retourné le chercher le soir même. Il le porte sous sa manche, là où personne ne le voit.

Ce qu'elle lui apprenait

Sur une serviette en papier, elle dessine des moteurs. Admission, compression, explosion, échappement. Il fait semblant de s'en foutre. Il retient tout.

admission échappement piston BOUM couple ≠ puissance

Le jeu de la promenade

  • « Écoute. » Elle imite un moteur, le front contre le grillage.
  • « Elegy. »
  • « Sultan. T'es sourd. »
  • « Ça fait le même bruit. »
  • « Rien ne fait le même bruit, Prynce. Rien. »

Il n'a jamais conduit une de ces voitures. Mais il pourrait les reconnaître les yeux fermés.

Pour la première fois, quelqu'un lui apprenait quelque chose qui ne servait pas à survivre.

Libération — Davis, P. — J-42 avant Valnes, D.

Six semaines

Il sort six semaines avant elle. Six semaines à préparer un retour.

Une voiture empruntée. Pas volée : empruntée, il insistera. Et sur le siège passager, un pudding au chocolat. Celui de la cantine, celui qu'elle lui piquait dans son plateau.

10 h 12

La porte s'ouvre. Daymara court.

Mais pas vers lui.

Elle se jette dans les bras de Kai Sullivan. Lavar ne cherche pas à comprendre. Il remonte dans la voiture. Le pudding est encore là.

Los Santos — Les mois qui suivent

Plus rien à perdre

Il ne pose plus de questions. Il ne s'en pose plus non plus. Plus de terrain, plus de risques, plus d'argent.

Encaissé ce mois $ 48 900

La tristesse, il la change en chiffres. La haine, en dévouement au business. Lavar n'a jamais aussi bien porté son surnom.

Au-dessus de Los Santos — 04 h 12

L'horizon

Le soir, il monte là-haut. Seul. Une bouteille, la ville en dessous, et l'horizon qui ne répond pas non plus.

Il boit pour ne plus penser à elle. Ça ne marche jamais. Il recommence quand même.

Le silence

Elle écrit. Elle appelle. Il ne répond jamais.

Elle se sent abandonnée une seconde fois. La première, au moins, il y avait eu des mots.

Los Santos — Aujourd'hui

Ils se recroisent

Lui

Elle l'a trompé. Il l'a vu de ses yeux. Il n'a pas besoin d'explications, il a des souvenirs.

Elle

Il l'a abandonnée. Deux fois. Elle n'a pas besoin d'excuses, elle a des messages sans réponse.

Ils se percutent

Ils ne peuvent pas se supporter.

Ils ne peuvent pas s'éviter non plus.

Partie II — Comment ils en sont arrivés là

Toujours plus

Il en voulait toujours plus. Plus de terrain, plus de respect, plus d'argent. Trop, au goût de l'OG.

« Un petit malin, c'est un petit qui menace ta place. »

Aux yeux du gang, aucune raison de le buter : pas de trahison, pas de faute. Alors l'OG fait plus simple. Il l'exile.

Des semaines sans date

Le fond

Plus de gang, plus de business, plus de place nulle part. Il dort le jour. La nuit, il fixe le plafond.

Le téléphone ne sonne plus. Pour la première fois, c'est lui qu'on oublie.

Les mois d'après — sans date

De marbre

Il ne pleure pas. Il ne crie pas. Il ne ressent plus rien, et c'est exactement ce qu'il voulait.

Amitié

Le gang lui avait appris que la loyauté, c'était une famille. Puis il lui a appris le reste : une famille, ça se jette quand ça devient gênant.

Des amis, il n'en aura plus. Des contacts, des associés, des gens utiles. Rien qui puisse le trahir.

Amour

Daymara, il ne prononce plus son nom. Mais elle est partout : dans un pudding de supérette, dans le hurlement d'un moteur, dans un fil rouge au poignet d'une inconnue.

Elle a laissé une trace qu'aucune bouteille n'efface. Alors il ferme la porte, et il jette la clé.

« Ouvrir son cœur, c'est tendre le couteau. »

Fiche — Davis, Prynce « Lavar »

Amitié
Fermée
Amour
Fermé
Cœur
De marbre

Le marbre, au moins, ça ne se brise pas. C'est ce qu'il se répète, soir après soir.

Personne ne lui a dit que ça se fissure.

Puis un matin, il se lève.

Los Santos — 05 h 30

Carburant

Pas guéri. Décidé. Ce qui le noyait devient ce qui le pousse.

La rage, il la garde. Il change juste de direction.

Zone industrielle — 01 h 40

Les courses

Sans gang, sans repères. Mais les codes de la rue, eux, ne l'ont jamais quitté.

Et il y a les souvenirs. Une fille qui parlait de moteurs comme d'autres parlent de Dieu. Il ne l'avouera à personne, mais c'est pour ça qu'il est là.

Avec des gars du quartier, il commence à en organiser. Un parking, deux voitures, des billets qui changent de main. De quoi se refaire un peu de blé.

Rumeur — Los Santos

Plus haut

Dans le milieu, un nom revient. Quelqu'un organise de vraies courses de rue : grosses mises, grosses cylindrées, tout Los Santos qui regarde.

Lavar veut s'associer. Évidemment. Il en veut toujours plus, et plus haut, il y a toujours quelqu'un.

Ce qu'il ne sait pas encore, c'est qui se cache derrière.

Street race — Los Santos — Sur invitation

Toujours plus vite

Organisation : D. Valnes & K. Sullivan

À suivre.

Prynce « Lavar » Davis & Daymara Valnes — Los Santos

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